L’orage gronde

Je suis encore dehors avec toi alors que tout le monde se presse pour rentrer. Le ciel s’obscurcit, menaçant. Au début, j’éprouve une légère appréhension qui se transforme en attente impérieuse, comme celle d’un premier baiser. Je lève les yeux au ciel pour guetter ce que tout le monde attend. Viendra-t-il du nord ou de l’ouest ?

Déjà l’air s’emplit de son parfum. Quelque chose d’unique qui réveille la terre et les sous-bois. Et puis enfin le vent s’invite dans les branches des arbres et dans mes cheveux. Je souris malgré moi. Tu souris toi aussi. Alors, quand les premières gouttes, énormes, prémices de quelque chose de plus fort, s’écrasent sur nos joues, on s’amuse, comme des gosses, à compter les kilomètres qui nous séparent de l’orage : un, deux, trois… Il se rapproche !

Enfin, la pluie battante, on est trempés jusqu’aux os mais c’est un si grand bonheur que je sais maintenant pourquoi j’ai oublié mon parapluie ce matin : pour mieux contempler les éclairs qui déchirent le ciel et éclairent brièvement ton visage dans la pénombre. On ne se dit rien, on se tient par la main, ensemble on écoute gronder l’orage.

Publié par Emma Blue

Auteure de J'irai souffler sur tes cendres

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